Quelques notes philosophiques sur l’intuition par Pierre Héber-Suffrin

NOTE DU GROUPE

Notre apport est une approche pragmatique de l’intuition, en tant que citoyens. C’est à partir de nos expériences personnelles et de nos expériences de citoyens engagés pour des améliorations sociales, de nos convictions et de nos questionnements, que nous avons entrepris ce travail.
Nous ne prétendons donc absolument pas nous inscrire ni dans une lignée philosophique, ni dans une relecture philosophique, encore moins dans une production philosophique.
Mais nous sommes les héritiers de conceptions philosophiques de l’intuition. Nous ne voulons ni ne pouvons ignorer cet héritage philosophique qui nous a sans doute davantage marqués que nous ne savons le voir et le dire.
C’est pourquoi nous avons demandé à un professeur de philosophie, Pierre Héber-Suffrin, de présenter quelques conceptions philosophiques de l’intuition parmi les plus marquantes, de nous aider à en repérer l’intérêt et les limites et de nous indiquer pour conclure  ce que nous pouvons, (devons ?) en retenir.

Quelques notes philosophiques sur l’intuition

Le terme intuition est au premier abord assez confus, au point qu’on trouve dans le Dictionnaire Lalande[1] la remarque suivante : « Je crois que le mot intuition, métaphore empruntée au sens de la vue, devrait être banni d’une philosophie rigoureuse ou ne devrait être employé qu’avec une définition précise ».
Un bannissement du terme, sans autre forme de procès, me semble excessivement sévère. Mais reste qu’il importe de bien en préciser la définition – les définitions – de suivre un peu son histoire, pour le clarifier, pour repérer le point commun ; l’essentiel, des différents usages qu’en ont fait les philosophes et pour décider s’il mérite qu’on le bannisse ou qu’on le conserve et à quelles conditions.

*

En un premier sens l’intuition, c’est tout simplement la sensation ; qu’on appelle INTUITION SENSIBLE (du latin intueri : qui en un premier sens, sens propre signifie voir, porter ses regards sur, regarder attentivement, contempler ; et en deuxième sens, sens figuré, signifie avoir les regards (la pensée) fixés sur ; de ce verbe intueri viennent en latin le nom intuitio qui désigne l’image réfléchie sur un miroir  et le terme intuitus : qui signifie coup d’œil, regard).
C’est le sens qu’a le terme chez Kant, quand il fait de l’espace et du temps « les formes de l’intuition externe », pour nous dire que la sensation d’un objet, le situe toujours dans l’espace et dans le temps. C’est ce sens que lui donnent les philosophes  empiristes pour qui, tout au long de l’histoire de la philosophie, viendront dire et redire que toutes les connaissances humaines commencent par les sens.

Pour obtenir le texte complet au format pdf, cliquer ICI


[1] Dictionnaire technique et critique de la philosophie qui, bien qu’il date de presque un siècle, reste la référence inégalée.

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